Santhià - Vercelli en Piemonte
Centre industriel, agricole et commercial de grande importance dans la province de Vercelli, habité probablement dès l’époque romaine, comme en témoignent certaines pièces archéologiques. Son toponyme vient du nom médiéval Sancta Agatha, martyre chrétienne à laquelle, sur volonté de la reine Teodolinda, on dédia l’église paroissiale; déjà avant le X ème siècle on appelait Santhià avec ce nom. Sur la Place Roma, centrale, se trouve l’hôtel de ville, néoclassique, à trois ordres, dont les supérieurs sont scandés par des parastates cannelés avec chapiteau ionique. Sur le côté droit de la place s’élève l’église paroissiale de S. Agata, fondée au X ème siècle comme Collégiale des Chanoines.
La Collégiale, florissante aux X–XI ème siècles, semblait, vers la fin du XII ème, en pleine crise malgré les dons de l’évêque Uguccione; cependant elle parvint à résister au cours des siècles et fut supprimée seulement à l’époque napoléonienne, en 1806; reconstruite en 1829, elle fut supprimée définitivement en 1855. L’édifice, roman, a d’abord été reconstruit au XVI ème siècle puis en 1836 dans ses actuelles formes néoclassiques par Giuseppe Talucchi. La façade est précédée d’un vaste pronaos néoclassique, orné de fresques représentant des scènes religieuses, œuvre de Luigi Hartman. L’intérieur est divisé en trois nefs par deux grandes colonnades; la voûte contient la Gloire de Sainte Agathe (Gloria di Sant’Agata), fresque de P.E. Morgani (1862); les fresques murales sont de Hartman et de Costa. Dans la nef gauche, la troisième chapelle contient un précieux polyptyque de Gerolamo Giovenone (1531) divisé en dix tables qui représentent les saints titulaires des anciens canoniaux et bénéfices paroissiaux. En haut, S. Lusia, S. Stéphane, S. Agathe, S. Eusèbe, S. Catherine (volée); en bas, S. Roch, S. Michel, la Vierge à l’enfant, S. Jean-Baptiste et S. Sébastien.
La statue de Sainte Agathe de Vincenzo Giani (1861) est de style dix-neuvième; l’orgue, oeuvre des frères Serassi de Bergame, date également de 1861. La sacristie renferme de splendides armoires sculptées. Sous le presbytère on peut descendre dans la crypte de saint Stéphane, qui n’est que ce qu’il reste de l’ancienne église romane. Le décor, nu et sévère, peut être daté du milieu du XII ème siècle. Le Baptême (Battesimo), peint en 1898 par Bonelli, se trouve dans l’aile gauche, à plan carré. Le campanile remonte à l’époque tardo-romane (XII ème siècle) de même que les ruines des anciens murs crénelés du cloître canonial, bâti avec des pierres de fleuve, avec des traces de décorations florales. L’Église de la SS. Trinità e dei S. Apostoli Pietro e Paolo conserve un autel baroque en bois, avec une belle tablette gravée et dorée, oeuvre de graveurs de la Valsesia. En haut, la Sainte Trinité est entourée d’anges. L’autel contient le retable de la Sainte Trinité et des Apôtres Pierre et Paul, d’une école picturale de Vercelli du seizième.
Sur le cours Nuova Italia, sur la droite, on peut visiter la cour qui accueille la Tour de Teodolinda. Il s’agit d’une tour cylindrique en briques, que l’on peut dater du XIV–XV ème siècle, mais certainement pas de l’époque lombarde; elle faisait très probablement partie d’une maison patricienne. Le mur crénelé donne sur la petite place du Ss. Rosario ainsi que la maison munie de tours, retenue siège de la cour ducale de Savoie durant l’épidémie de peste du XVII ème siècle, ces éléments témoignent de l’importance historique de Santhià. Dans l’auditorium S. Francesco siège la Galerie municipale d’art moderne et contemporain (Galleria civica di arte moderna e contemporanea), qui accueille plus de deux-cent oeuvres picturales. Enfin, dans le parc Durandi, il y a le Monument aux Victimes de la Grande Guerre (Monumento ai Caduti della Grande Guerra) de Attilio Gartmann (1923).
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